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Editorial

Infrastructures : La Côte d’Ivoire fait grise mine à deux ans de « sa » coupe d’Afrique

En conférence de presse ce mercredi 22 septembre, le ministre des sports a assuré que les travaux seront achevés à temps malgré les gros ratés. Certes. Mais faire délocaliser des matches à domicile de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire à l’étranger, frise le scandale pour une nation si importante en terme de football. Opinion.

Avant les matches de la 3e et 4e journée des éliminatoires du mondial 2022, la Côte d’Ivoire a reçu une mission pour inspecter le stade de Yamoussoukro devant être homologué pour remplacer le stade Alassane Ouattara d’Ebimpé. Ce palliatif a reçu une fin de non-recevoir. Le joyaux architectural sorti de terre au pied de la basilique ne répond pas aux critères norme FIFA et CAF. Une grosse désillusion pour le pays hôte de la Coupe d’Afrique des Nations 2023. Pourtant, selon Mme Dao Gabala Mariam, présidente du Comité de normalisation de la Fédération ivoirienne de football (CN-FIF), les recommandations de l’instance africaine écrites noir sur blanc en sept pages, ont déjà été remises aux autorités ivoiriennes qui devaient en tenir compte dans la réalisation de ce projet.

Comment se fait-il alors que le cahier des charges n’a pas été pris en compte dans la construction des stades ? L’Office nationale des infrastructures n’avait-t-elle pas connaissance de ces critères ? Dans la passation des marchés, les acquéreurs ont-ils été sur des projets FIFA- CAF ? De multiples questions qui restent encore sans réponse.

En 2019, les autorités assuraient que les travaux seraient achevés dans les délais. Pendant ce temps, la CAF a décidé de procéder à un glissement de date. Ainsi, le Cameroun s’est vu attribué la CAN 2021 et la Côte d’Ivoire celle de 2023.

Une situation qui laissait encore un peu de temps aux autorités ivoiriennes pour achever sereinement les travaux et régler les moindres détails. Mais les vas t’en guerre on jugé que la décision de la Faîtière du football Africain n’ était pas la bienvenue et que la Côte d’Ivoire avait les ressources pour tenir et livrer les infrastructures avant la date ultime afin que la compétition se tienne dans le temps. Hélas ! Ces infrastructures dont l’on vantait les capacités à accueillir une rencontre posent problème.

La triste réalité des chantiers…

Le choix des villes pour abriter la prestigieuse fête du football continental sont Abidjan, San Pedro, Yamoussoukro, Bouaké et Korogho. Le stade olympique d’Ebimpé a été livré après une inauguration en grande pompe. Mais dès l’issue de la rencontre Asec – Africa devant servir de match test, la mauvaise qualité du terrain a été décelée. Les vestiaires présentaient également quelques imperfections. A l’heure actuel, même les alentours du stade ressemblent à un champ de patates. La cité olympique et les sites d’entrainements qui devaient entourer l’enceinte, n’ont toujours pas pris forme. L’édifice porte pourtant le nom du président Alassane Ouattara qui souhaitait offrir un stade de qualité à la Côte d’Ivoire. Depuis le match face au Cameroun, ce joyau architectural a laissé une très mauvaise impressionnant, devenant la risée de l’Afrique toute entière.

Quant aux stades de San Pedro et de Korogho dont les maîtres d’oeuvre annonçaient des taux d’achèvement à respectivement 60 % à 80 %, ils n’ont toujours pas reçu la pause des sièges et la pelouse. L’aménagement extérieur lui, n’a pas encore été effectué des deux côtés. L’hôtellerie et les dispositifs sanitaires sont eux, des équations difficiles à résoudre. Le dispositif sanitaire est moindres et bon nombres d’hôpitaux à travers le pays, souffrent d’un manque criard d’équipements en matériel adéquat. Les aéroports restent l’autre volet à résoudre. La voie de la côtière devant relier Abidjan à San-Pedro est toujours en piteux état.

Situer les responsabilités

Le stade de Yamoussoukro lui, présente une pelouse en mauvais état. La cabine de presse est loin de répondre aux exigences de la CAF. Un mauvais éclairage du terrain et un parking quasi-inexistant, ont été constatés. Quant à l’enceinte de Bouaké, elle se construit selon son rythme. Mais aucune communication détaillée sur son évolution n’est fournie.

En conférence de presse ce mercredi 22 septembre, le ministère des sports a assuré que les travaux seront achevés à temps malgré les gros ratés. Certes. Mais faire délocaliser des matches à domicile de l’équipe nationale de Côte d’Ivoire à l’étranger, frise le scandale pour une nation si importante en terme de football. En conclusion, faisons remarquer qu’en juin 2023, la Côte d’Ivoire accueillera 23 nations, 37 ans après sa première organisation d’une coupe d’Afrique. Contrairement à 1984, elle recevra beaucoup plus de monde. Nos autorités ont intérêt à être prêts sur tous les plans, au risque de voir la Côte d’Ivoire, se fait retirer l’épreuve. Il ne reste plus qu’à situer les responsabilités, tirer les leçons, sanctionner les coupables de ces déconvenues et faire preuve de plus de professionnalisme. Il y a péril en la demeure. Attention donc…

 

Ali Fama

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