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Issu d’un foyer polygamique, Sinaly Diomandé : « Mon objectif c’est de rassembler les trois femmes de mon père »

Le 9 avril 2001, Sinaly Diomandé voit le jour. Issu d’une foyer pauvre et polygamique, le garçon arrête prématurément ses études pour se consacrer à sa passion. Il rêve en effet de devenir footballeur professionnel. Mais son père s’y oppose fermement.

« Mon père avait trois femmes. Je suis le dernier de la première qui a eu sept enfants. La deuxième en a un cinq, et la troisième, trois. Et elles ne s’entendaient pas toujours… Nous vivions tous ensemble dans une cour commune, moi dans une pièce avec mes quatre frères. Et comme j’ai décidé d’arrêter l’école en CM1 pour faire du foot, ça a faché mon père. Il ne me donnait plus rien, notamment pour manger, je me débrouillais avec des grands frères ou des amis du quartier », raconte Sinaly Diomandé dans les colonnes du journal L’Equipe.

Sinaly Diomandé.

Sans le moindre sou ni aucune paire de crampons, Sinaly est contraint de travailler en tant qu’aide-maçon pour subvenir à ses besoins. Heureusement, il reçoit un coup de pouce de son frère aîné. Une aide qui va lui ouvrir des portes.

« Mon ainé a investi ensuite un peu, et puis m’en a donné un peu. J’ai eu la chance grâce à lui, de faire la détection de Jean-Marc Guillou ». Pour Sinaly c’est un rêve qui commence à se réaliser, une vie douloureuse qui tire à sa fin.

« J’ai été pris et là, on me donnait 15.000 cfa et la nourriture ne manquait pas. Les agents de l’Académie m’ont alors parlé d’un voyage en France pour un tournoi, avril 2019. Et voilà comment on m’a pris à Lyon ».

En Rhodanie, le jeune défenseur rencontre quelques problèmes d’adaptation notamment le changement de climat et les difficultés à obtenir des équipements. Mais une fois de plus, son frère vole à son secours.

“Honnêtement, mes larmes ont coulé…”

« Au début j’ai dit à mon frère que je voulais rentrer. Il faisait froid. Mes agents ne me donnaient pas de chaussures. Mon frère a dû me calmer. Je suis arrivé avec mes crampons de Côte d’Ivoire mais quand elles ont été un peu usées, je glissais ».

C’est plus tard, grâce au plaidoyer de son entraîneur de Lyon, Rudi Garcia, que Sinaly obtient une nouvelle paire de crampons.

LIRE AUSSI – Eléphants : « Sinaly Diomandé est passé par notre centre mais Jean-Marc Guillou nous a arnaqué… », un formateur ivoirien règle ses comptes

Sinaly Diomandé en maillot de la sélection ivoirienne à droite.

« Dans le vestiaire, Rudi Garcia a dit en début de saison “Quand votre sponsor vous envoie des chaussures, pensez à sinaly les gars !” Joachim Andersen (son coéquipier) m’en a donné. Mais lui chausse du 45 et moi 44. J’ai joué avec ca pendant 3 ou 4 mois », a ajouté le joueur de 19 ans.

Le 8 octobre 2020, après quelques matches disputés avec l’OL, Sinaly Diomandé est convoqué en équipe nationale par Patrice Beaumelle. C’est la consécration.

« Honnêtement, mes larmes ont coulé un peu quand j’ai eu ma première convocation en sélection. (C’était contre la Belgique en match amical) ».

Récemment prolongé à Lyon jusqu’en 2025, Sinaly s’impose progressivement comme un cadre défensif de l’équipe. Alors que sa carrière professionnelle est en train de prendre une ascension fulgurante, il peut désormais mettre sa famille à l’abri du besoin. Ce qui le rend fier. Mais Sinaly s’est fixé un objectif. Sans doute, le plus important de sa vie.

Sinaly prolongé jusqu’en 2025.

« Mon objectif, c’est de rassembler les trois femmes de mon père qui sont un peu séparées. Je veux rendre tout le monde heureux (…) », a conclu Sinaly Diomandé.

 

Stéphane Kipré

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