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Editorial

Eléphants – Patrice Beaumelle : quel jugement un an après ?

Plus d’un an après son arrivée à la tête de l’équipe de Côte d’Ivoire, Patrice Beaumelle a suffisamment eu de temps pour montrer ce qu’il vaut sur un banc de touche. A ce jour, le technicien français a dirigé 8 matches. Son bilan: 4 victoires, 3 nuls et 1 seule défaite. Mais sans s’attarder sur les chiffres, nous allons plutôt tenter de faire le point de son aventure ivoirienne.

Ancien adjoint de Hervé Renard, Patrice Beaumelle faisait partie de l’encadrement technique de 2015 qui a remporté la coupe d’Afrique des nations en Guinée équatoriale. Il a visiblement beaucoup appris auprès de son mentor. Fin connaisseur du continent africain et doté d’une expérience non-négligeable, il a fini par convaincre le défunt président Sidy Diallo qui a trouvé en lui l’homme de la situation, au moment de désigner le successeur de Kamara Ibrahim. Aujourd’hui numéro un de l’encadrement technique, Beaumelle est désormais libre de s’exprimer. Nous l’avons suivi depuis sa prise de fonction. Voici comment il s’est dévoilé.

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Il s’est montré ambitieux

A ses débuts, Beaumelle a fait preuve de simplicité, mais aussi d’ambition. Il a affirmé mordicus, dans l’une de ses premières interviews, qu’il voulait remettre la sélection de Côte d’Ivoire à la place où elle « doit être ». Jamais, le Français ne s’est vanté d’avoir contribué au succès de la Zambie à la CAN 2012 et de la sélection ivoirienne en 2015, aux côtés de Hervé Renard, même s’il était son fidèle lieutenant lors de ces victorieuses expéditions. Mais après avoir pris des galons, il a affirmé son désir ardent de mener une équipe vers les sommets, pour sa première grosse expérience en tant que head-coach.

Il s’est montré rassembleur

De plus, Beaumelle est visiblement un rassembleur. Il prône la bonne humeur dans son groupe et sait parler à ses joueurs avec la douceur et la manière. En plus de sembler renaitre sur le plan sportif, la sélection de Côte d’Ivoire a vu l’harmonie et la bonne humeur prendre de l’ampleur dans son vestiaire. En un temps record, Beaumelle a fait venir de nombreux nouveaux joueurs avec lesquels il construit une équipe autour des anciens. Une équipe nationale gagne surtout un trophée grâce à une très bonne entente entre ses joueurs. Et sur ce point, la Côte d’Ivoire marque des points. Beaumelle a par ailleurs ramené des anciens notamment Gervinho, écarté de la sélection sous l’ère Kamara Ibrahim pour des problèmes de personne. Mais aussi Seri Jean-Michaël qui avait maille à partir avec son prédécesseur. Des exemples qui montrent la capacité de l’homme à faire régner la quiétude dans son environnement.

Il a fait appel à de nombreux nouveaux

A son arrivée en sélection, Beaumelle a voulu composer un groupe de « morts de faim ». Alors que la crise sanitaire ravageait le monde, il n’a pas chômé. Il a suivi les dossiers de nombreux joueurs qu’il a fait progressivement venir en équipe nationale. L’homme a également su convaincre certains binationaux d’intégrer la sélection. L’idée était d’obtenir le maximum de joueurs afin de former la meilleure équipe possible. Sébastien Haller, Willy Boly, Jean-Evrard Kouassi ou plus récemment Wilfried Singo, ont ainsi réussi à impressionner.

Aussi, tout le monde est-il unanime que le technicien français fait parfois du surplace. La majorité des joueurs sont tout le temps utilisés aux détriments des nouveaux qui n’ont pas eu l’occasion de se mettre en évidence. En effet, certains joueurs convoqués n’ont pas été – ou très peu – testés. On parle notamment d’Aka Serge Arnaud, Chris Bedia ou Emmanuel Agbadou qui n’ont pas disputé la moindre minute contre le Burkina ni contre le Ghana. A ce jour, les Ivoiriens n’ont aucune idée de ce qu’ils ont dans le ventre, pour ne pas les avoir vu à l’oeuvre.

Beaumelle en conférence de presse.

Il n’a toujours pas résolu le problème de fond de jeu

Toutefois, l’équipe de Côte d’Ivoire de Beaumelle souffre toujours d’un manque d’organisation offensive. Difficile de trouver ce fameux numéro 10 qui assumera parfaitement son rôle. Seules des individualités font la différence, la plupart du temps. Par exemple, lors la victoire (3-1, le 30 mars) contre l’Éthiopie, Jean-Evrard Kouassi a été le véritable artisan de ce succès. Il est impliqué sur les deux premiers buts des Éléphants avant d’inscrire le sien. Dans la même veine, contre le Burkina (2-1, le 6 juin), il a fallu un coup franc magistral d’Amad Diallo pour arracher la victoire.

L’agressivité offensive a d’ailleurs manqué contre le Ghana. Beaumelle beaucoup trop prudent a préféré adopter une tactique défensive face aux Black Stars. Elle a bien fonctionné. Mais la Selefanto qui s’est contentée du nul, aurait pu obtenir un meilleur résultat si elle avait misé sur un style de jeu plus offensif. Car le Ghana, à la réalité, ne s’est jamais montrée dangereuse dans cette rencontre. Et ce système défensif mis en place, n’a pas véritablement eu l’occasion de faire ses preuves face à une équipe ultra-offensive. A l’exemple de l’Algérie.

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La sélection ivoirienne, qualifiée pour la CAN 2021 qui débute en janvier 2022 au Cameroun, va disputer en septembre prochain, les qualifications pour la coupe du monde 2022. Ultime étape avant de prendre part à la plus grande compétition africaine. Beaumelle aura certainement pour mission d’établir un football offensif animé par des meneurs de jeu de qualité, qui sauront distribuer le maximum de ballons aux avant-centres. Autre point essentiel, le cas Sylvain Gbohouo. Alors qu’il semble en perte de vitesse, le portier du TP Mazembé qui a été très décisif dans l’acquisition du titre en 2015, n’a pas de véritable concurrent dans les buts. Il va falloir assurer la relève à ce poste d’autant qu’il est vieillissant (33 ans révolus). Les gardiens du championnat local Abdoul Karim, Tapé Ira ou Ndrin Ulrich Edan, jeune international, devraient alors se mettre au travail.

Le cas Tiemoué et les autres binationaux

Aux dernières nouvelles, certains nouveaux joueurs pourraient intégrer la sélection. Seko Fofana n’a toujours pas effectué son retour. Angelo Fulgini et Wesley Fofana ne sont plus une priorité pour Beaumelle tant que leur choix pour la sélection ivoirienne « ne se ferait pas du coeur », selon ses propres termes. Dan-Axel Zagadou, blessé, est encore sur la liste d’attente. Quant à Tiémoué Bakayoko et Soualiho Méité, ils auraient fait part à Beaumelle de leur désir de finalement porter le maillot des Eléphants. Mais à ce jour, seul le Français a une idée du groupe final qu’il veut composer pour les prochaines échéances.

 

Par ailleurs, pourquoi fait-il tourner autant son effectif ? C’est l’une des questions que se posent de nombreux observateurs. Certains estiment qu’il s’agit d’une manière pour lui de rechercher justement son équipe-type et de constituer le meilleur noyau. Car l’objectif suprême de la sélection à court terme, c’est remporter la CAN à domicile de 2023 et de préparer pour le long terme, une équipe qui continuera de glaner des lauriers les années d’après. Nous souhaitons bonne chance à notre coach.

 

Alex K.Payne

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