À quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 (21 décembre – 18 janvier) au Maroc, le continent retient son souffle.
Cette 35e édition, organisée au royaume chérifien, promet d’être l’une des plus ouvertes de la décennie, tant les forces en présence semblent équilibrées. Entre favoris assumés, prétendants crédibles et outsiders ambitieux, la bataille pour la couronne continentale s’annonce haletante.
Maroc : L’ambition d’un sacre à domicile
Pays hôte et demi-finaliste du Mondial 2022, le Maroc fait figure de grandissime favori. Portés par une génération dorée, les Lions de l’Atlas restent sur une impressionnante série de 14 victoires consécutives. Sous la houlette de Walid Regragui, le groupe allie maturité, intensité et expérience du très haut niveau. Avec des leaders comme Achraf Hakimi (6e du dernier Ballon d’Or), Sofyan Amrabat, Bono et Ziyech, le Maroc possède une ossature capable de battre n’importe quelle équipe.
Septuple vainqueur de la CAN, l’Égypte reste une valeur sûre du football africain. Sous la direction de Hossam Hassan, légende nationale, les Pharaons renaissent progressivement. Invaincus depuis douze matchs officiels, ils combinent rigueur tactique et jeu direct, porté par un collectif majoritairement issu du championnat local.
Mais le souvenir de l’élimination surprise en huitièmes de finale face à l’Afrique du Sud en 2023 reste vivace. Cette désillusion rappelle que, sur le continent africain, aucun statut ne garantit le succès. Devant son public, le Maroc devra gérer une pression colossale : gagner chez lui, un défi que peu ont relevé dans l’histoire de la CAN.
Sénégal : la revanche des Lions de la Teranga
Champion d’Afrique en 2021, éliminé prématurément en 2023, le Sénégal aborde cette CAN avec un désir de revanche. Sous la direction de Pape Thiaw, successeur d’Aliou Cissé, les Lions de la Teranga semblent avoir trouvé un nouvel équilibre.Le trio Mané – Koulibaly – Gana Gueye assure l’encadrement d’une jeunesse talentueuse symbolisée par Pape Matar Sarr, Habib Diarra ou El Hadji Malick Diouf.
La qualification sans défaite et la spectaculaire remontada contre la RDC en éliminatoires du Mondial 2026 ont renforcé la confiance d’un groupe soudé. Avec un effectif complet et homogène, le Sénégal apparaît comme le concurrent le plus sérieux du Maroc dans la quête du titre continental.
Algérie : Le renouveau sous Petkovic
Critiqué à son arrivée, Vladimir Petkovic a su redonner de la stabilité à une Algérie en quête de rachat. Après deux éliminations consécutives en phase de groupes, les Fennecs veulent se réaffirmer parmi les géants africains.
Le sélectionneur helvético-bosniaque s’appuie sur un mélange d’expérience – avec Mahrez, Slimani ou Bennacer – et de jeunes talents comme Mohamed Amoura ou Anis Hadj Moussa.
Si le collectif peine encore à séduire, les résultats parlent pour lui : des qualifications maîtrisées et une défense retrouvée. “La pression est pour le Maroc”, a récemment lancé Riyad Mahrez, comme pour mieux détourner les projecteurs. Mais attention : l’Algérie avance masquée, et son expérience pourrait la mener loin.
Égypte : les Pharaons veulent leur revanche
Septuple vainqueur de la CAN, l’Égypte reste une valeur sûre du football africain. Sous la direction de Hossam Hassan, légende nationale, les Pharaons renaissent progressivement. Invaincus depuis douze matchs officiels, ils combinent rigueur tactique et jeu direct, porté par un collectif majoritairement issu du championnat local.
Les stars Mohamed Salah et Omar Marmoush demeurent les détonateurs d’une équipe capable de faire la différence à tout moment. Éliminée en huitièmes par la RDC en 2023, l’Égypte arrive cette fois avec une dynamique conquérante et la ferme intention de laver cet affront.
Afrique du Sud : La continuité d’un projet solide
Longtemps sous-estimée, l’Afrique du Sud s’impose aujourd’hui comme l’un des collectifs les plus cohérents du continent. Troisièmes de la dernière édition, les Bafana Bafana de Hugo Broos ont confirmé leur montée en puissance en terminant invaincus lors des éliminatoires.
Composée essentiellement de joueurs des Mamelodi Sundowns, l’équipe brille par sa cohésion et son jeu fluide inspiré du tiki-taka. Sans stars internationales mais avec une discipline exemplaire, les Sud-Africains ont prouvé qu’ils pouvaient rivaliser avec les plus grands. Deux ans après leur podium, ils ne peuvent plus être considérés comme de simples outsiders : ils visent désormais le titre.
Côte d’Ivoire : Le champion en quête de stabilité
Sacrée à domicile en 2023 après un parcours héroïque, la Côte d’Ivoire défend son titre dans un contexte bien différent. Les hommes d’Emerse Faé traversent une phase d’instabilité marquée par des performances inégales : victoires poussives et revers contre la Sierra Leone ou la Zambie.
Pourtant, l’effectif reste impressionnant : Sébastien Haller, Franck Kessié, Sangaré, Konaté ou Adingra forment une base solide. Reste à retrouver la cohésion et la grinta qui avaient marqué leur sacre. Les Ivoiriens savent qu’un champion n’est jamais mort : l’expérience du titre pourrait faire la différence dans les moments décisifs.
Nigeria : Le géant en reconstruction
Toujours redouté mais rarement constant, le Nigeria demeure une énigme. Finalistes malheureux en 2023, les Super Eagles connaissent un parcours qualificatif chaotique pour le Mondial 2026. Pour Eric Chelle, la tâche est immense : remettre en ordre une équipe aux individualités exceptionnelles (Osimhen, Lookman, Chukwueze) mais souvent désunies.
Le potentiel est indéniable, mais la régularité reste la clé. Si le Nigeria parvient à transformer son talent brut en collectif performant, il pourrait à nouveau viser le sommet. Sinon, il risque une nouvelle désillusion.
Cameroun, Mali et RD Congo : Les trouble-fêtes à surveiller
Jamais outsider, jamais favori, le Cameroun avance dans la tourmente. Les tensions entre Marc Brys et Samuel Eto’o, ainsi que les querelles institutionnelles, polluent l’environnement. Pourtant, les Lions Indomptables restent compétitifs : 12 matchs sans défaite avant leur revers au Cap-Vert prouvent leur solidité.
Quintuple vainqueur de la CAN, le Cameroun garde l’ADN des grandes compétitions.
Le Mali, quant à lui, reste fidèle à sa réputation de faiseur de surprises. Malgré le départ de son sélectionneur et la frustration de 2023, les Aigles peuvent compter sur une génération talentueuse menée par Kamory Doumbia et Sekou Koïta.
La RD Congo, quatrième en 2023, rêve d’un nouvel exploit, mais ses limites défensives, mises en lumière face au Sénégal, devront être corrigées.
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Une CAN 2025 à haut risque et haute intensité
Du Maroc favori à la Côte d’Ivoire tenante du titre, en passant par les ambitieux Sénégalais et les surprenants Sud-Africains, la CAN 2025 s’annonce électrique.
Dans un contexte de rivalités historiques, de jeunes stars montantes et de nations en reconstruction, la bataille pour le trophée continental promet passion, émotions et incertitudes. Rendez-vous le 21 décembre 2025 à Casablanca pour le coup d’envoi d’un tournoi qui, une fois encore, fera vibrer tout un continent.
Othniel KOUASSI
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