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Rétro sport : Lassissi Saliou, un talent gâché et homme de la nuit

Lassissi Saliou aurait pu devenir un footballeur de classe mondiale, mais sa carrière a été perturbée par des graves blessures et un caractère de bad boy qui l’ont conduit finalement vers le monde de la nuit. On en parle dans notre rubrique ‘‘Rétro sport’’.

Il était considéré comme l’un des joueurs les plus prometteurs de sa génération. Il était destiné à un bel avenir tout court. Défenseur tenace et habile,  Lassissi Saliou était surtout connu pour son charisme débordant et son impétueux franc-parler. Mais des blessures à répétition et un caractère bien trempé ont constitué un frein à sa carrière.

Un véritable parcours de combattant…

L’Ivoirien débute sa carrière professionnelle en 1996, au Stade de Rennes. Il se souvient encore des grandes difficultés rencontrées et des nombreux efforts consentis pour se surpasser.

« Ce n’était pas facile parce que je n’avais pas joué auparavant dans un club en Côte d’Ivoire. Il fallait apprendre les bases, le footing… J’ai appris pendant deux ou trois ans. Grâce au bon Dieu, j’ai pu intégrer le groupe professionnel. J’ai fait mon premier match et tout le monde a aimé », dit-il.

Ainsi, après un parcours convaincant chez les Bretons, il est transféré en Italie. En Série A, Lassissi impose son talent et sa prestance à Parme FC, à l’UC Sampdoria, et aussi à l’AC Fiorentina. Mais c’est à l’AS Roma qu’il connaitra ses déboires. Lors d’un match amical contre Boca Junior, le 7 aout 2001 (jour de l’indépendance de son pays la Côte d’Ivoire), le joueur est victime d’un tacle dangereux du défenseur adverse Antonio Barijho. Le diagnostic est sans appel : Lassissi souffre d’une double fracture tibia-péroné et un traumatisme au nerf sciatique. Il est éloigné des terrains pendant trois ans.

Lassissi Saliou sous les couleurs de la Fiorentina.

Retour difficile

En perte de vitesse, l’international ivoirien tente donc un retour en France pour se relancer. Il signe à l’AS Nancy-Lorraine en juillet 2005, mais ne parviendra pas à retrouver son niveau d’antan. En 2007, Lassissi effectue un passage éclair au Bellizone AC, en Suisse, puis au RFC Daoukro (Côte d’Ivoire), avant de terminer sa carrière en France et à l’Entente SSG.

Fort malheureusement, sa situation a eu des conséquences sur son parcours en équipe de Côte d’Ivoire. Saliou a en effet connu très peu d’apparitions avec sa sélection. Auteur de 8 petites matches, ‘‘Toupé’’ comme on le surnomme, n’a disputé qu’une seule compétition majeure, la CAN 1998 qui a vu les Eléphants atteindre les quarts de finale.

Procès et reconversion…

Sa carrière a été par ailleurs marquée par un long procès. Il a traduit en justice le président de l’AS Roma Franco Sensi, pour plusieurs mois de salaires qui lui étaient impayés. Lassissi a finalement obtenu gain de cause. Sensi fut alors contraint de lui verser près de trois millions d’euros de dommages et intérêts. Avec tout cet argent en poche, Lassissi qui a oublié le football, a préféré se reconvertir dans le monde de la nuit et du showbiz. Entre Paris et Abidjan, il se fait ainsi connaitre dans le milieu du Coupé-Décalé, né au début des années 2000, notamment pour ses fameux ‘‘travaillements’’ (terme qui désigne le fait de déverser des billets de banque sur une ou plusieurs personnes dans le langage de rue ivoirien). Le défenseur devient alors très proche des membres de la Jet Set, groupe précurseur du mouvement, dirigé par Feu Doukouré Amidou Stéphane, alias Douk Saga.

Lassissi gravement blessé à l’AS Rome.

Lassissi, mauvais garçon

« Après, ça n’a plus suivi derrière, à cause de cette blessure. Elle a tout freiné et je me suis retrouvé loin des terrains. C’est ainsi que j’ai opté pour quelque chose qui n’était pas très bien, le show, l’amusement à Paris et Abidjan », déclare aujourd’hui l’homme âgé de 43 ans.

Si Lassissi Saliou a broyé du noir, c’est aussi à cause de son caractère bien trempé. En janvier 2000, lors d’un rassemblement des Eléphants juste avant la Coupe d’Afrique des nations, il donne un coup de tête à Blaise Kouassi pour une mauvaise passe lors d’un entraînement. Alors que Gbonké Tia, le sélectionneur de l’époque lui fait des remontrances, le joueur lui manque de respect. Il est aussitôt exclu du groupe. Six ans plus tard, c’est une affaire de violence dans une boîte de nuit qui vient brouiller son image.

Au Stade Rennes où il a été formé, les historiens retiennent de l’homme, un talent à l’état brut. A l’heure actuelle, il est considéré comme le meilleur défenseur central jamais formé au club.

« Ma carrière a été bien mais il faut reconnaître qu’elle n’a pas été comme je le voulais. Je ne regrette rien parce que j’ai connu de bons moments. Dieu merci, j’ai bien gagné ma vie. […] Tu peux gagner tout ce que tu veux au football, même la Coupe du monde, mais si derrière, tu ne réalises rien et tu joues les fous, c’est le déluge », se console le joueur.

 

Par Kouakou Edouard

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