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La main de Dieu de Diego Maradona : 34 ans après, l’arbitre du match fait son mea-culpa

L’arbitre tunisien Ali Bennaceur se souvient de chaque geste du « génie » Diego Maradona durant le quart de finale de la Coupe du monde 1986, quand l’Argentin marqua deux buts restés dans l’histoire face à l’Angleterre (2-1), l’un de la main, et l’autre un « chef-d’oeuvre ».

À la 51e minute d’un match aux lourds enjeux géopolitiques, Maradona, au duel avec le gardien anglais Peter Shilton, ouvre le score du poing gauche.

« Je n’ai pas vu la main, mais j’ai eu un doute », se souvient Ali Bennaceur, qui fut le premier Tunisien à arbitrer un match à ce niveau du Mondial. « Vous pouvez voir les images, j’ai reculé pour prendre l’avis de mon assistant, le Bulgare Dotchev, et quand il a confirmé que c’était bon, j’ai accordé le but », raconte-t-il.

Trente-quatre ans plus tard il tient à « remercier les joueurs d’Angleterre qui sont vraiment fair-play. Il n’y a que Gary Lineker qui est venu me dire : « please, referee, hand ball » (« s’il vous plaît, monsieur l’arbitre, il y a main »), je lui ai dit : « please play » (« reprenez le jeu, s’il vous plaît ») et c’est tout. »

LIRE AUSSI – « Il n’avait pas d’esprit sportif » : le gardien anglais Peter Shilton ne digère toujours pas « la main de Dieu » de Maradona

Cette décision, très critiquée à l’époque, lui valu des remarques teintées de racisme de commentateurs sportifs, à commencer par Thierry Roland, qui avait asséné : « Vous ne croyez pas honnêtement, que dans un monde grand comme il est, il n’y a pas autre chose qu’un arbitre tunisien pour diriger un quart de finale de la Coupe du monde ? »

« On n’a pas critiqué ma prestation, on a critiqué mon pays, en disant que la Tunisie c’est du sable, c’est du désert. Comment on donne un match à un arbitre pareil alors qu’ils n’ont pas de football ? », garde-t-il encore en mémoire. L’ambassade de Tunisie en France était intervenue et avait obtenu des excuses.

« Pour les connaisseurs, qui savent les instructions de la FIFA, ils savent que j’ai rempli ma mission et je suis fier, fier de faire un match pareil avec ce niveau-là. J’ai fait ce que je devais faire, mais il y a eu confusion. Dotchev a indiqué plus tard qu’il avait vu deux bras, et il ne savait pas si c’était celui de Shilton ou de Maradona. »

La plus grande « fierté » de M. Bennaceur reste d’avoir accompagné l’incroyable course de Maradona sur le second but où il mystifia l’arrière-garde anglaise. « À chaque fois il s’est relevé, j’étais derrière lui », se souvient le Tunisien de 76 ans, qui arbitra au plus haut niveau jusqu’en 1991. « Je m’étais préparé à siffler un penalty en cas d’action dangereuse sur Maradona, je pensais qu’après 50 mètres d’efforts ils allaient l’abattre, mais la balle a atterri dans les filets de Shilton » devant un stade en liesse.

« J’ai eu la fierté de participer à ce chef-d’oeuvre, et Maradona s’en souvenait très bien quand il est venu me rendre visite en 2015 » à l’occasion d’un passage en Tunisie où il tournait une publicité, souligne-t-il. Le joueur lui dédicace alors un T-shirt « To my eternal friend Ali » (« À Ali, mon ami pour l’éternité ») et passe l’après-midi avec son épouse au domicile de l’arbitre à Tunis : « On a passé un moment agréable, je lui ai dit que ce jour-là, ce n’était pas l’Argentine qui avait gagné, mais lui, Maradona. C’était un génie, une légende du football. »

 

Avec AFP

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