Championne d’Afrique en titre, la Côte d’Ivoire abordera la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) au Maroc dans la peau du favori. Forts de leur succès à domicile en 2024, Emerse Faé et ses hommes savent qu’ils seront l’équipe à battre. Mais alors que l’échéance approche, plusieurs cadres de la sélection sont confrontés à une incertitude préoccupante sur le plan professionnel.
La préparation d’une grande compétition comme la CAN nécessite des joueurs en pleine possession de leurs moyens physiques, mentaux et sportifs. Or, plusieurs éléments clés de l’effectif ivoirien sont dans une situation délicate à l’orée de la saison 2025-2026.
Des joueurs majeurs dans l’incertitude en club
À commencer par le poste stratégique de gardien de but. Yahia Fofana, titulaire indiscutable lors du sacre de 2024, est toujours à la recherche d’un nouveau challenge. Auteur d’une belle saison en Ligue 1 avec Angers, il a suscité l’intérêt de plusieurs clubs en Angleterre, en Italie et en Espagne. Mais des désaccords financiers bloquent son transfert, alors que la période des matchs de préparation bat son plein dans les clubs européens.
Concernant Evann Guessand, son club souhaite le vendre au meilleur prix, et il était annoncé du côté de l’Arabie saoudite. Une piste que le joueur ne privilégie pas, préférant un transfert vers la Premier League.
Quant à Badra Ali Sangaré, double champion d’Afrique et ancien pilier de la sélection, la situation est encore plus urgente. Libéré par Sekhukhune United (Afrique du Sud), il est actuellement sans club. Le vétéran n’exclut pas un retour en Côte d’Ivoire, mais il doit impérativement retrouver du temps de jeu pour conserver ses chances de figurer dans la liste finale d’Emerse Faé.
Des transferts freinés par des exigences élevées
Dans l’axe central de la défense, Ousmane Diomandé est lui aussi dans l’attente. Le défenseur du Sporting Portugal, solide tout au long de la saison, était proche d’un transfert vers Crystal Palace. Mais les négociations ont achoppé sur le montant du transfert. Le club lisboète reste inflexible sur une clause libératoire de 60 millions d’euros, jugée trop élevée par la formation anglaise. Un statu quo qui freine l’évolution du joueur vers un championnat plus compétitif.
Haller dans l’impasse, Guessand en suspens
L’avenir de Sébastien Haller, autre pièce maîtresse de l’attaque ivoirienne, est également flou. Après avoir été prêté à Leganés puis à Utrecht, l’avant-centre de 31 ans ne fait plus partie des plans de Borussia Dortmund, son club d’origine. L’écurie allemande souhaite le vendre avant l’expiration de son contrat en juin 2026.
Mais le salaire élevé du joueur freine les options d’un transfert sec, Utrecht préférant un nouveau prêt. Cette instabilité pourrait affecter sa préparation, alors qu’il s’apprête sans doute à disputer sa dernière CAN. Enfin, Evann Guessand, révélation de la saison à l’OGC Nice, est aussi dans l’expectative.
Son club souhaite le vendre au meilleur prix, et il était annoncé du côté de l’Arabie saoudite. Une piste que le joueur ne privilégie pas, préférant un transfert vers la Premier League. Tant que son avenir ne sera pas tranché, sa concentration pourrait en pâtir.
Une présaison déterminante pour Emerse Faé
À quelques semaines de la clôture du marché des transferts (1er septembre), le risque est grand de voir certains cadres débuter la saison sans stabilité ni rythme compétitif. Une situation qui pourrait fragiliser l’assise de l’équipe nationale au moment d’entrer dans la phase finale de la CAN.
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Emerse Faé devra donc jongler avec ces incertitudes et espérer une clarification rapide de la situation contractuelle de ses joueurs. Car au-delà du talent, la régularité en club et la forme du moment pèseront lourd dans la quête d’un nouveau sacre continental.
Othniel KOUASSI