Le feuilleton entre le ministère camerounais des Sports et la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a pris une nouvelle tournure. Ce vendredi 25 juillet 2025, dans un article publié par Journal du Cameroun, le président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o, est monté au créneau pour répondre fermement aux déclarations du ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi.
Au centre de la controverse : la démission ou non de Marc Brys, le sélectionneur belge des Lions Indomptables. Malgré les démentis de Marc Brys lui-même et ceux du ministre des Sports, Samuel Eto’o affirme, documents à l’appui, que le technicien a bel et bien quitté ses fonctions.
Eto’o dément toute manipulation
L’ex-star du FC Barcelone, aujourd’hui président de la FECAFOOT, rejette avec force les soupçons de manipulation relayés dans le communiqué du ministre Kombi daté du 23 juillet. Dans une déclaration formelle, Samuel Eto’o rappelle que « la Fécafoot n’a jamais été associée à la négociation ni à la signature du contrat de Marc Brys avec l’État du Cameroun ».
Samuel Eto’o affirme que le courrier a été reçu en version physique, ce qui exclut tout doute sur son authenticité. Autre point soulevé par le président de la fédération : une contradiction dans les propos du ministère.
Il insiste sur le fait que la fédération n’avait pas connaissance des modalités contractuelles, notamment celles relatives au paiement du salaire du sélectionneur. Dès lors, elle ne pouvait en aucun cas orchestrer une manœuvre fondée sur de prétendues irrégularités contractuelles.
Des documents qui sèment le doute
Afin de rétablir la chronologie des faits, Samuel Eto’o révèle que la FECAFOOT a reçu, le 22 juillet, une lettre de démission de Marc Brys. Ce courrier, transmis via un service de messagerie internationale, comprenait :
- Une lettre de résiliation unilatérale de contrat ;
- Une copie de sept pages du contrat signé le 8 avril 2024 ;
- Une copie confidentielle d’une lettre du ministre des Sports adressée au ministre des Finances en date du 15 mai 2024.
Ces éléments remettent en cause les allégations de piratage de messagerie avancées par le ministère. Samuel Eto’o affirme que le courrier a été reçu en version physique, ce qui exclut tout doute sur son authenticité. Autre point soulevé par le président de la fédération : une contradiction dans les propos du ministère.
Dans son communiqué, le ministre des Sports soutient que les salaires dus à Marc Brys ont été réglés le 18 juillet. Or, la lettre de démission est datée du 21 juillet. Pour Samuel Eto’o, cette chronologie fragilise la version officielle et soulève des interrogations sur la véritable cause du départ du sélectionneur.
La FECAFOOT revendique sa légitimité
Face à ce qu’elle qualifie d’accusations infondées, la FECAFOOT refuse de se laisser faire. L’instance dirigée par Samuel Eto’o exige le respect de son autonomie et rappelle qu’elle n’a jamais validé le processus de nomination de Marc Brys. En revenant sur les origines de cette crise, elle entend se défendre contre les allégations de manipulation et mettre en lumière les responsabilités de chacun.
Cameroun : Marc Brys dément sa démission annoncée par la FECAFOOT et relevé un piratage de ses comptes
Au-delà du cas Brys, cette affaire met une fois de plus en lumière la tension permanente entre la FECAFOOT et le ministère des Sports. L’ingérence, la confusion des rôles et le manque de clarté dans la gestion du football camerounais pourraient, à terme, nuire à la performance des Lions Indomptables. Pour l’heure, aucune solution durable ne semble en vue. Mais une chose est sûre : Samuel Eto’o est bien décidé à faire entendre sa vérité, document à l’appui.
Othniel KOUASSI