Premier vice-président de la Fédération ivoirienne de football (FIF) et président du Club Omnisports de Korhogo (COK), Malick Tohé estime que le principal défi du football ivoirien n’est plus la formation des talents, mais leur valorisation à travers une gestion moderne des clubs. Dans un entretien accordé à Bloomfield Review, il appelle à une profonde transformation du modèle économique du football national.
Pour le dirigeant, la Côte d’Ivoire possède déjà les ingrédients essentiels pour réussir : des infrastructures de qualité, des joueurs talentueux et une passion populaire intacte. En revanche, il regrette que les clubs ne disposent pas encore d’une organisation suffisamment solide pour transformer cette richesse sportive en véritable industrie.
Du CO Korhogo à la FIF, Malick Tohé défend une gestion moderne des clubs
« L’argent suit toujours la rigueur, jamais l’inverse », affirme-t-il. Selon lui, le manque de financement souvent évoqué n’est que la conséquence d’une gouvernance encore insuffisamment structurée. Organigrammes clairs, comptabilité certifiée, stratégie sportive à moyen terme et stabilité administrative doivent désormais devenir les standards des clubs ivoiriens.
Malick Tohé estime également que la valeur créée par le football profite encore trop peu aux clubs formateurs, aux éducateurs, aux territoires et aux supporters. Il plaide pour une meilleure application des mécanismes de solidarité et des indemnités de formation afin que les investissements réalisés dans la formation des jeunes bénéficient davantage au football local.
À la tête du Club Omnisports de Korhogo, il explique avoir engagé un travail de structuration fondé sur trois piliers : stabilité sportive, gestion rigoureuse et développement économique. Son ambition est de faire du club une institution durable, capable de fonctionner indépendamment de ses dirigeants grâce à des revenus récurrents issus du sponsoring, de la billetterie, du merchandising et des contenus digitaux.
Le vice-président de la FIF insiste également sur l’importance de renforcer l’ancrage territorial des clubs. Selon lui, une équipe professionnelle ne doit pas seulement viser les résultats sportifs, mais aussi contribuer au développement économique de sa ville en créant de l’emploi, de l’activité commerciale et une véritable identité locale.
Pour accompagner cette mutation, Malick Tohé propose la création d’une « licence club économique », qui conditionnerait l’accompagnement financier de la Fédération au respect de critères précis de gouvernance, de transparence financière, de formation et de professionnalisation. À ses yeux, cette réforme constitue la priorité pour faire passer le football ivoirien d’un modèle artisanal à une véritable industrie sportive.
Enfin, la qualification historique du CO Korhogo en compétition interclubs de la CAF représente, selon lui, une formidable opportunité d’accélérer cette professionnalisation. Les exigences de la Confédération africaine en matière de gestion, d’infrastructures et d’organisation doivent servir de catalyseur pour l’ensemble des clubs ivoiriens.
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Pour Malick Tohé, le potentiel du football ivoirien ne fait aucun doute. La prochaine étape consiste désormais à bâtir une gouvernance moderne et durable, capable de transformer les succès sportifs en véritable moteur de développement économique.
AS