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Football

Arbitrage ivoirien : Salif Bictogo sort du silence et relance le débat sur la corruption

La saison 2025-2026 des différents championnats ivoiriens a officiellement refermé ses portes. Mais au-delà des performances sportives, les nombreuses décisions arbitrales controversées continuent d’alimenter les débats parmi les dirigeants de clubs, les observateurs et les amoureux du football.

Invité sur le plateau de l’émission La Grande Team sur La 3, le président de la Ligue Professionnelle de Football, Salif Bictogo, a tenu à apporter sa part de vérité sur la question et à évoquer les efforts entrepris pour lutter contre la corruption dans le milieu de l’arbitrage.


Salif Bicto parle du débat sur la corruption arbitrale 


Autrefois considérés comme des acteurs neutres et impartiaux, certains arbitres sont aujourd’hui accusés par plusieurs dirigeants de clubs de favoriser certaines équipes au détriment d’autres.

Face à ces critiques récurrentes, Salif Bictogo s’est montré déterminé à clarifier les rôles et les responsabilités de chaque instance.


Selon lui, si la Ligue Professionnelle organise les compétitions, la gestion de l’arbitrage relève exclusivement de la Commission Centrale des Arbitres (CCA), dirigée par Bonaventure Kalou. Cette structure constitue, à ses yeux, un maillon essentiel du dispositif mis en place par la Fédération Ivoirienne de Football (FIF).


Le président de la Ligue Professionnelle reconnaît que des efforts significatifs ont été consentis par la CCA, tout en admettant que l’erreur humaine demeure inévitable.


« Il y a parfois des arbitres qui se trompent de bonne foi. C’est vrai que, par moment, certaines erreurs peuvent avoir un impact sur le résultat d’un match », a-t-il déclaré.


Pour lui, l’arbitre reste avant tout un être humain et non une machine. Toutefois, il estime que la répétition de certaines erreurs peut légitimement susciter des interrogations.
« Quand tu persistes dans les erreurs, ça devient diabolique », a-t-il lancé.


Salif Bictogo s’est également voulu ferme sur la question des manipulations de résultats. Selon lui, il est inconcevable qu’un arbitre soit mandaté pour faire triompher un club au détriment d’un autre.
Dans cette dynamique de lutte contre la corruption, il a révélé que la FIF, sous l’impulsion de son président Idriss Diallo, a décidé en début de saison d’améliorer considérablement les conditions de vie et de travail des arbitres afin de les mettre à l’abri de certaines tentations.


« Nous avons instauré un salaire mensuel ainsi que des indemnités de week-end pouvant porter les revenus de certains arbitres entre 600 000 et 700 000 francs CFA par mois », a-t-il expliqué.


Pour lui, les dix quatuors d’arbitres ayant officié durant les 30 journées de Ligue 1 ont bénéficié de ces mesures.
C’est dans ce contexte qu’il a prononcé une phrase qui fait aujourd’hui grand bruit :
« On a fait l’effort de limiter ce que certains appellent la corruption. »
Le président de la Ligue Professionnelle est allé plus loin en adressant un message à ceux qui dénoncent avec véhémence le système actuel.
« Il ne faut pas se voiler la face. Ceux qui décrient aujourd’hui, il y a combien d’années qu’ils ont fait la D3 ? Une équipe qui va en D3 et, en moins de deux ans, se retrouve en Ligue 1… Vous savez, parfois, celui qui crie le plus n’est pas forcément le plus innocent », a-t-il conclu.
Alors que la Fédération Ivoirienne de Football poursuit ses réformes, l’arrivée prochaine de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR), testée lors de la finale de la Coupe nationale, nourrit de nombreux espoirs. Les supporters rêvent désormais d’un championnat où les polémiques arbitrales laisseront davantage place à l’équité sportive et où le mérite sera le seul juge du résultat final.


Jean Parfait Tsé

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