La polémique autour de l’affaire Prestianni–Vinícius Júnior ne faiblit pas. Au cœur de la controverse, les déclarations de José Mourinho, entraîneur de Benfica, qui ont suscité de vives réactions dans le monde du football.
Alors que des accusations de propos racistes visant Gianluca Prestianni circulaient, le technicien portugais a tenu à relativiser les faits, expliquant avoir échangé avec les deux joueurs sans pour autant trancher en faveur de l’un ou de l’autre.
Mourinho a également pointé du doigt la célébration de Vinícius Júnior, estimant que l’attaquant du Real Madrid aurait dû éviter de provoquer le public après son but. Une prise de position qui a rapidement enflammé le débat, certains y voyant une manière de déplacer le sujet central, à savoir les accusations de racisme.
Parmi les voix les plus critiques figure Lilian Thuram. L’ancien international français, engagé de longue date dans la lutte contre le racisme, a dénoncé des propos qu’il juge problématiques. Selon lui, suggérer que l’attitude d’un joueur puisse être liée aux actes racistes dont il serait victime revient à inverser les responsabilités. Thuram insiste sur le fait que le racisme ne saurait être justifié par un comportement sur le terrain et appelle à une prise de conscience collective.
« La nature de ses propos en dit beaucoup sur « pourquoi on n’avance pas ». Mourinho est un grand entraîneur, avec une carrière exceptionnelle, il a travaillé avec beaucoup de joueurs noirs dans sa vie et ça ne l’empêche pas, premièrement, de douter de la véracité de l’acte raciste et, deuxièmement, de s’interroger sur la responsabilité de la victime (Vinicius) à travers sa façon d’avoir célébré son but. Mais comment peut-il dire ça ? Mais qui êtes-vous M. Mourinho pour vous permettre de décider de ce que Vinicius a le droit de faire ou non ? Ily a dans ce jugement un sentiment de supériorité et de narcissisme blanc. L’acte de racisme dont a été victime Vinicius n’est pas lié à son comportement, mais à la couleur de sa peau. Vous croyez que les enfants qui sont victimes d’actes racistes à l’école ou au foot le sont à cause de leur comportement ? Non. » a déclaré Lilian Thuram selon l’Equipe.
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Cette nouvelle sortie médiatique illustre une fois encore la sensibilité du sujet dans le football européen. Entre liberté d’expression, responsabilité des acteurs et lutte contre les discriminations, le débat reste ouvert et continue d’alimenter les discussions bien au-delà des terrains.
AS