Les 14 et 15 février 2026, la phase de groupes de la Coupe de la Confédération africaine a livré son verdict. Pour le FC San-Pedro, il n’y aura pas de miracle.
Déjà éliminé avant la dernière journée des phases de poules, le club ivoirien a conclu sa campagne continentale sur une lourde défaite (4-0) face au Djoliba Athletic Club, 5e du championnat malien .Une claque de trop. Et le symbole d’un malaise plus profond : la fragilité structurelle du football ivoirien.
Une campagne africaine à oublier
Logé dans la poule A aux côtés de l’USM Alger et de l’Olympic Club de Safi, le FC San-Pedro n’a jamais réellement existé dans la compétition.
6 matchs disputés ,5 défaites,1 victoire,8 buts inscrits,14 buts encaissés et 3 points sur 18 possibles.
Pendant ce temps, l’USM Alger termine en tête avec 14 points, suivie de l’OC Safi (13 points), pourtant lanterne rouge de la Botola marocaine. Djoliba se classe troisième, et le représentant ivoirien ferme la marche. Plus inquiétant encore : deux défaites à domicile, dont une face à l’OC Safi (1-2) et une autre contre l’USM Alger (2-3). Des équipes en difficulté dans leurs championnats respectifs sont venues s’imposer en Côte d’Ivoire face au deuxième de Ligue 1 ivoirienne. Le contraste est brutal.
Un paradoxe ivoirien
En championnat national, le FC San-Pedro pointe à la 2e place après 18 journées, avec 32 points derrière l’ASEC. Sur le plan local, la dynamique semble solide. Mais dès que le niveau s’élève, les limites apparaissent. Comment expliquer qu’un club dauphin de Ligue 1 soit incapable de rivaliser avec des formations en lutte pour le maintien dans leurs pays ? La question dépasse le simple cadre sportif. Plusieurs facteurs reviennent avec insistance :
Instabilité technique et vente prématurée des talents
Les changements répétés d’entraîneurs empêchent la construction d’un projet cohérent sur la durée. Les clubs ivoiriens cèdent régulièrement leurs meilleurs éléments en pleine compétition africaine, affaiblissant leurs effectifs au moment crucial. On se souvient qu’après l’épopée du Sewé Sport de San-Pédro, finaliste de la Coupe CAF en 2014 face à Al Ahly SC, plusieurs cadres avaient quitté le club. Des joueurs comme Roger Assalé ou Sylvain Gbohouo ont poursuivi leur carrière notamment au TP Mazembe. Depuis cette finale perdue, le football ivoirien peine à retrouver une présence significative sur la scène continentale.
Conditions salariales et organisation
Les écarts financiers avec les clubs nord-africains ou d’Afrique australe restent considérables. Infrastructures, stabilité administrative, préparation le retard s’accumule. Sur les quatre clubs ivoiriens engagés en compétitions africaines cette saison 2025-2026, seul le FC San-Pedro a atteint la phase de groupes. Une performance insuffisante pour un pays qui se veut locomotive du football en Afrique de l’Ouest. L’équipe nationale serait-elle l’arbre qui cache la forêt ? Les succès des Éléphants ne doivent pas masquer les failles de la formation locale, la gouvernance des clubs et la compétitivité réelle du championnat.
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L’heure du sursaut ?
Le football ivoirien dispose d’un vivier de talents reconnu mondialement. Mais sans vision à long terme, sans stabilité technique et sans stratégie économique cohérente, les campagnes africaines continueront de tourner court. L’élimination du FC San-Pedro n’est pas un simple accident de parcours. Elle est le reflet d’un système à repenser. Le débat est désormais ouvert.
Parfait Tsé