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CAN 2025 : Minoritaires à Anoumanbo, les Burkinabés portent les Étalons au cœur d’une centaine d’Ivoiriens (Reportage)

Dans une ambiance dominée par l’orange et le blanc, couleurs des maillots de la Côte d’Ivoire, les supporters burkinabés ont vécu une soirée contrastée ce mardi 6 janvier 2026 à l’Espace Sans Fil, situé dans le quartier d’Anoumanbo à Marcory. Ce lieu aménagé pour l’occasion en véritable « Village CAN » accueillait la retransmission du 1/8 de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) Maroc 2025 entre les Éléphants de Côte d’Ivoire et les Étalons du Burkina Faso.

Une rencontre finalement remportée 3-0 par les hommes d’Emerse Faé, mais qui, dans les gradins improvisés, a surtout été marquée par la résilience et les émotions des supporters burkinabés, pourtant très largement minoritaires. Il est 19h45 lorsque les supporters prennent place. Chacun cherche la meilleure posture, le meilleur angle de vue, la meilleure voix pour pousser son équipe. Sur près de 200 supporters ivoiriens bruyants, armés de vuvuzelas et de chants incessants, les Burkinabés se comptent sur les doigts de la main.

« Marquez au moins un but pour relancer le match ! », crie une supportrice burkinabè, assise entre trois jeunes filles ivoiriennes en maillot orange. Mais plus les minutes passent, plus l’espoir s’éteint.

 

Difficiles à identifier dans cette marée orange, ils se distinguent toutefois par quelques maillots blancs, des écharpes aux couleurs rouge, vert et jaune, et des regards déjà tendus. Malgré leur infériorité numérique, les supporters burkinabè refusent de se laisser intimider. Ils restent debout, silencieux par moments, mais attentifs à chaque action de leur équipe.

À la 6e minute, le premier tournant émotionnel survient, carton jaune pour Edmond Tapsoba Nagalo, sanctionné pour une intervention jugée en retard sur Amad Diallo, alors proche de s’infiltrer dans la surface ivoirienne. C’est la colère côté burkinabè. « Mais attend, il n’y avait même pas danger ! Tu n’avais pas à le tacler comme ça devant la surface ! », s’indigne un supporter burkinabè, vêtu d’un tee-shirt blanc et d’une écharpe aux couleurs du Burkina Faso.

 

Entre espoir fragile et frustration grandissante

Autour de lui, les siens hochent la tête, déjà conscients du danger que représente Amad Diallo à coup de pied arrêté. Contrairement aux supporters ivoiriens, exubérants et démonstratifs, les Burkinabés restent mesurés. Ils ne réagissent vraiment que lorsque leur équipe amorce une offensive, espérant à chaque projection une étincelle. À la 17e minute, une frappe d’Inao Christ Oulaï sur contre-attaque réveille la tribune burkinabè.

Les rares supporters se lèvent, encouragent, exhortent leurs joueurs à rester concentrés. « On vient à peine de commencer ! », lance une supportrice, le regard inquiet, mais encore plein d’espoir, alors que le score est toujours nul. Trois minutes plus tard, cet espoir vacille. Amad Diallo ouvre le score pour la Côte d’Ivoire à la 20e minute. L’espace sans fil explose de joie. Les chants ivoiriens couvrent tout. Côté burkinabè, les réactions sont timides, presque étouffées.

On analyse l’action, on tente de relativiser. « Si Simporé n’était pas de dos, il allait l’arrêter », estime un supporter, s’essuyant le visage avec une feuille de lotus, comme pour chasser la chaleur et la déception. Pendant quelques minutes, les Burkinabè tentent de se rassurer. Mais le coup est dur. À la 32e minute, Yan Diomandé double la mise pour les Éléphants sur une nouvelle accélération de Diallo. Le break est fait. Malgré le 2-0 à la pause, certains supporters burkinabè veulent encore y croire.

« Tant que l’arbitre n’a pas sifflé la fin, on n’est jamais découragé », confie un supporter à la forme arrondie, vêtu du maillot des Étalons. À une table voisine, Aboubacar Doga, entouré de sept personnes dont quatre Burkinabés, annonce même une possible remontada. « Le Burkina peut revenir et gagner ce match. Je n’en doute pas. » Mais il reconnaît aussitôt les limites de son équipe en première période. « On n’arrivait pas à avancer. Un seul tir cadré, ce n’est pas normal. », affirme Aboubacar Doga, faché.

 

 

La seconde période, entre extinction progressive et résignation

Au retour des vestiaires, l’attitude change. Les supporters burkinabè, d’abord silencieux, élèvent progressivement la voix. Certains proposent des changements, d’autres évoquent des ajustements tactiques. L’angoisse se lit sur les visages. Les doigts se rongent, les regards se perdent dans le vide, les canettes de boisson serrées à la main. « Marquez au moins un but pour relancer le match ! », crie une supportrice burkinabè, assise entre trois jeunes filles ivoiriennes en maillot orange.

Mais plus les minutes passent, plus l’espoir s’éteint. Les Ivoiriens chantent déjà la victoire, tandis que les Burkinabés s’enfoncent dans le silence. À la 75e minute, le coup de grâce tombe. Bazoumana Touré inscrit le troisième but ivoirien. Trésor Bagnon, dont le maillot blanc porte fièrement l’inscription « fils de maman Mariam », laisse éclater sa colère. Il remonte brusquement ses lunettes noires sur son front, une boisson à la main. « Ce qu’ils jouent, c’est de la merde ! Vous avez peur de quoi ? », lâche-t-il, excédé.

CAN Maroc 2025 : La Côte d’Ivoire corrige le Burkina 3-0 et retrouve l’Egypte en quart

Au coup de sifflet final, les Éléphants s’imposent 3-0. Les supporters burkinabè sont chahutés, mais sans animosité. À la sortie, certains sont escortés par des Ivoiriens moqueurs, dans une ambiance fraternelle. « Pour vous, c’est fini dans la CAN ! », lance-t-on en riant. Défaits, mais dignes, les supporters burkinabè quittent l’Espace Sans Fil la tête basse, conscients d’avoir perdu le match, mais pas leur fierté.

Othniel KOUASSI

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