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CAN 2025 : À Abidjan, la diaspora gabonaise en fête malgré la défaite « 1-0 » face au Cameroun (Reportage)

Sous un ciel légèrement couvert, en cette soirée du 24 décembre 2025, le restaurant la joliette vibre au rythme du football africain. À des centaines de kilomètres de Libreville, la communauté gabonaise vivant en Côte d’Ivoire s’est donné rendez-vous pour suivre le choc Gabon – Cameroun. Une trentaine d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, se serrent autour d’un écran installé en plein air et les maillots bleu, jaune et vert dominent l’assemblée.

Des bouteilles de bière circulent déjà avant le coup d’envoi. Ici, on parle fort, on rit, on chambre, et les discussions tournent autour de la composition de l’équipe, de la forme des joueurs, des ambitions dans la CAN Maroc 2025. Certains ont le regard rivé sur l’écran, d’autres commentent chaque mouvement. Quand l’hymne gabonais retentit, plusieurs se lèvent spontanément. Main sur le cœur, voix tremblante, la fierté nationale prend le dessus.


Du rêve à la colère : quand les supporters deviennent sélectionneurs

Le match débute dans une ambiance chaude. Chaque touche de balle des Panthères est applaudie, chaque offensive camerounaise sifflée. Mais à la 17e minute, le rêve se fissure. Le Cameroun ouvre le score. Un silence lourd s’abat brièvement sur l’assistance, vite brisé par des cris de colère. Les visages se ferment, les gestes deviennent brusques.

« Après cette défaite, on peut faire quoi d’autre que boire ? », lance en riant Didier Openda, déjà emporté par le rythme de l’Afro Ntcham, musique gabonaise qui envahit l’espace.

 


La bière, jusque-là symbole de convivialité, accompagne désormais la frustration. « C’est pas possible, on ne peut pas défendre comme ça ! », lance un supporter, debout, bras levés. Très vite, la communauté se transforme en staff technique improvisé. Chacun y va de son analyse, de sa tactique. Entre deux gorgées, Armand Dipsoga, bouteille à la main, mime des déplacements d’attaquants devant l’écran.

 


« Il faut jouer plus haut, presser dès la relance ! L’attaquant doit décrocher pour créer l’espace derrière », explique-t-il avec assurance, comme s’il s’adressait directement au banc gabonais. Juste derrière lui, Franck Maknel tape du pied, visiblement agacé par le manque d’impact offensif. Pour lui, la solution est évidente. « Il faut faire entrer Aubameyang maintenant ! On manque de vitesse devant. Même à 70 %, il peut faire la différence. On ne peut pas attendre la fin du match », plaide-t-il, sous les approbations nourries de plusieurs supporters.



Malgré la colère, personne ne quitte les lieux. Chaque action est suivie avec intensité. À la mi-temps, les débats se poursuivent, animés, passionnés. On refait le match avant même qu’il ne soit terminé. La seconde période n’apporte pas le but espéré. Les Panthères poussent, mais le score reste inchangé.


Après le coup de sifflet, la fête comme thérapie

Le coup de sifflet final confirme la défaite (1-0) du Gabon. Quelques têtes se baissent, des soupirs s’échappent. Mais très vite, la déception laisse place à une autre réalité, celle du vivre-ensemble. Pour eux, perdre n’est pas une raison pour se séparer. Sous le ciel couvert d’Abidjan, la fête commence. Les tables sont dressées. Les plats arrivent progressivement : riz, alloco, Nkumu (Ndrl: met gabonais), poisson et poulet.

En file indienne, assiette à la main, chacun s’avance pour se servir. Les discussions reprennent, moins tendues, plus philosophiques. Une fois servis, les groupes se forment par affinité. D’un côté, les plus âgés s’installent calmement. Ils parlent politique, avenir du Gabon, élections, gouvernance. Les voix sont posées, les analyses profondes. De l’autre, les plus jeunes cherchent surtout à oublier la défaite.

Les bouteilles se multiplient, la musique monte d’un cran. « Après cette défaite, on peut faire quoi d’autre que boire ? », lance en riant Didier Openda, déjà emporté par le rythme de l’Afro Ntcham, musique gabonaise qui envahit l’espace. Il se lève, danse, entraînant derrière lui plusieurs compatriotes. Les rires fusent, les épaules se relâchent.

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La défaite est là, certes. Mais, la diaspora gabonaise a fait preuve de solidarité et montré sa capacité unique à transformer une désillusion sportive en moment de partage. Loin de Libreville, les Panthères ont perdu un match. Mais leur peuple, lui, a gagné une soirée d’unité.

Othniel KOUASSI

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