Le Collectif des chaînes de télévision nationales d’Afrique subsaharienne francophone monte au créneau concernant la diffusion de la CAN Maroc 2025. Dans une note officielle adressée au président de la CAF, Patrice Motsepe, dix chaînes publiques francophones, dont RTI et NCI en Côte d’Ivoire, dénoncent une “discrimination” dans l’attribution des droits de la 35ᵉ édition prévue du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026 au Maroc.
Dans le communiqué transmis à la CAF, dont nous avons reçu une copie, les chaînes reprochent à l’instance dirigeante du football africain de leur proposer seulement 33 matchs sur les 52 de la compétition, tandis qu’un opérateur étranger dont le nom n’a pas été dévoilé détiendrait l’exclusivité totale.
Des droits TV jugés “inéquitables” pour les chaînes africaines
Selon elles, la décision de confier l’intégralité des 52 matchs à “un opérateur de télévision payante non africain” met en péril l’accès du public africain à l’événement continental le plus suivi du continent. Pour le collectif, cette répartition crée une rupture d’égalité et pénalise directement les populations africaines, notamment les foyers les plus modestes dépendant des chaînes publiques gratuites.
« Ces dernières se voient proposer seulement 33 matchs, au moment où les télévisions publiques de l’Afrique Anglophone et un opérateur de télévisions payantes non africain reçoivent l’intégralité des 52 matchs de la compétition. »
« Nous dénonçons une orientation stratégique qui risque de priver une grande partie des populations africaines du droit fondamental d’accéder entièrement et gratuitement à leur propre patrimoine sportif et culturel », peut-on lire dans le communiqué. Les signataires estiment que ce choix contredit la mission première de la CAF qui est de « promouvoir le football africain et garantir son accessibilité ».
Une situation préoccupante !
Au-delà de cette dénonciation, estime que cette différence alimente le sentiment d’une décision “taillée sur mesure” pour satisfaire un opérateur payant dominant en Afrique subsaharienne francophone. « Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle ne concerne pas les télévisions des pays anglophones et lusophones, ce qui laisse à penser qu’elle est faite uniquement pour contenter l’opérateur payant dominant exerçant sur le territoire d’Afrique subsaharienne francophone. », indique le collectif dans sa note.
Les chaînes rappellent que la CAN est avant tout un événement “qui rassemble les peuples africains autour de leurs équipes nationales”, financées pour la grande majorité par les États africains. Elles jugent donc anormal que les diffuseurs publics, également financés par ces mêmes États, soient marginalisés dans leurs propres territoires.
Le collectif appelle la CAF à réviser sa position
Face à ce qu’elles décrivent comme une atteinte à l’équité et à l’inclusion sociale, les chaînes appellent la CAF à assumer pleinement son leadership. Elles demandent une révision urgente des conditions d’attribution des droits TV afin de garantir une diffusion majoritairement accessible, gratuite et réellement africaine. Pour le collectif, l’enjeu dépasse la simple question commerciale.
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Il s’agit de préserver l’identité, le patrimoine et l’unité continentale que représente la CAN. Elles réaffirment que “les infrastructures, les équipes nationales et l’événement lui-même appartiennent aux Africains et sont financés au prix fort par leurs États”, justifiant ainsi leur droit légitime à une diffusion équitable.
Othniel KOUASSI